Cela n’a pas duré 2 ans, mais quel délice. J’ai su reprendre confiance en l’homme mature, Niels a su reprendre confiance en l’homme à tel point qu’il t’a suivi. J’aurais bien aimé moi aussi partir avec vous, mais la vie a préféré me garder auprès d’elle. Pourquoi ? Je n’en sais rien, bien évidemment, mais je pense ou plutôt j’espère que les raisons sont valables, que ma vie vaudra le coup d’être vécue. Quoiqu’il en soit, ma famille et mes amis proches sont heureux de ce miracle. En plus, ils sont tous là pour m’écouter, me conseiller et pleurer avec moi. Tu me manques comme cela n’est pas permis. Tu me manqueras affreusement très longtemps. Cependant je n’ai pas le droit de m’arrêter sur cet état d’âme. Il me faut dépasser cette souffrance afin de remercier la vie de m’avoir conservée presque intacte malgré le choc (en effet, à part être cassée de presque partout, mon corps n’est pas définitivement mutilé, il est très meurtri, mais demeure vaillant et possède tous ses membres). Pourrai-je supporter une telle souffrance ? Je l’espère, mais j’en doute. Parfois, je ressens votre absence à tous les deux tellement lourde, j’ai l’impression de recevoir une enclume en pleine face. Quel poids, quelle douleur. Rompre un amour si intense, à la rigueur, pourquoi pas. C’est bien un événement qui nous effrayait tous les deux, mais ne plus voir son fils, le voir partir, qu’elle horreur. Je crois que c’est encore plus insupportable. Il faut dire que Niels a grandi dans mon ventre, me procurant ainsi une telle joie, un tel épanouissement. Et puis 3 ans plus tard plus rien, plus jamais. Je ne vous verrai tous les deux plus jamais... Les gens sont choqués par notre accident, leur état de choc me prouve l’intensité de ma souffrance, que j’ai du mal à évaluer. Tu es parti, certes, tu as emmené Niels avec toi, ou bien il est venu avec toi, certes, mais où êtes vous allés ? êtes-vous partis vous promener seuls, ou accompagnés ? Quoiqu’il en soit, je vous souhaite d’être heureux, espérant profondément qu’un bébé comme Niels puisse vivre heureux sans craindre désormais l’abandon de sa maman.

Je reviens sur ce que j’ai écrit plus haut et qui est vrai, tu nous as apporté à tous les deux (Niels et moi ) d’une part la connaissance du bonheur mais surtout la confiance en l’homme (mature pour moi et homme papa pour Niels ). On n’a manifestement pas eu le droit d’en profiter ni de bien le vivre longtemps. J’ai eu l’occasion de connaître cette joie, je dois certainement m’en contenter, mieux vaut peu et superbe que rien du tout. Cela a été court, mais il est vrai que toi et Niels vous m’avez enseigné tellement de choses. En plus de l’amour et de l’équilibre que vous m’avez apportés, j’ai découvert les joies et les règles de l’enseignement, de la compréhension, du respect, de la tolérance, les plaisirs du sourire, de la féminité, la confiance en soi. Bref, vous êtes malheureusement la base de mon équilibre, de ma joie de vivre et je sais que désormais je dois compter sans vous tout en conservant le même statut, ces mêmes valeurs. Je n’ai pas le choix. Je ne suis pas la seule à rester, alors peut-être suis-je là pour transmettre ces valeurs aux vivants, Benjamin et Violette, tes enfants ?